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Moto René Gillet datée de 1895.

                                                                                                                                                 

René Gillet, une marque, un homme...

Le 5 octobre 1877, 21 rue de Nervaux à Troyes, Henry Gillet, employé des Chemins de fer d'Orléans à Chalons, 35 ans et Thérèse née Lacombe, sans profession, 38 ans voient naitre leur petit garçon prénommé René, Eugène.

  • Acte naissance Rene Gillet

Acte de naissance de René Gillet. Courtoisie Didier Mahistre

La naissance de l'aventure industrielle selon René Gillet

                Dès 1895, alors qu'il travaillait en atelier, il fit son premier moteur à essence qu'il essaya dans une cour à Malakoff, contrôlant les résultats au moyen d'une lampe électrique à arc. Un second moteur avec quelques perfectionnements devait suivre, mais il fallait envisager des pièces de fonderie pour lesquelles des modèles en bois étaient indispensables, et le père, modeste employé des chemins de fer, ne pouvait participer à la dépense. Le premier moteur fut vendu au prix du bronze et René Gillet façonne lui même les modèles en bois, mais les fonderies ne voulait pas fondre pour un ou deux jeux de pièces. Enfin, un brave fondeur, nommé Laurent,  surpris de la manière pratique avec laquelle ces modèles avaient été conçus, accepta d'en fondre deux jeux, René Gillet pratiqua l'usinage au moyen d'un tour au pied, employé dans l'horlogerie, tour trop petit, et l'alésage du cylindre dut être effectué en deux positions.

                Deux petits moteur furent montés pour lesquels René Gillet fit des carburateurs de type " à léchage".

                A ce moment, les rares véhicules à moteur, objet de la curiosité, faisaient surtout la joie des cyclistes qui les dépassaient aisément, et l'on peut dire qu'à cette époque, tout véhicule à moteur ne revenait à son point d'attache, qu'après avoir causé à son conducteur les ennuis les plus imprévus, heureux encore quand on n'avait pas eu recours au remorquage. Donc chaque sortie était un rude travail, non pas une promenade.

                Après quelques essais dans les rues de Malakoff, René Gillet tenta d'atteindre Versailles. Cela se faisait le soir, la journée de travail terminée. Sans se rebouter malgrès les pannes l'obligeant à revenir en pleine nuit à la pédale, il mit sa machine suffisament au point. En 1897, se basant sur les résultats des précédents, deux autres machines furent montées, mais avec carburateur à volets et à pointeau imaginé par René Gillet.  Nouveau essais à Malakoff - Versailles et, profitant en 1898 d'une semaine de vacances, le trajet Malakoff - Epernay fut effectué aller et retour sans trop d'histoire. Somme toute, la machine à peu près commerciale était réalisé.

               Une moto fut exposée en 1902 au salon de l'automobile, elle comportait des aménagements tels que manœuvre par les poignées du guidon, cadre surbaissé incurvé à l'arrière. Ce modèle marquait l'abandon  du caractère bicyclette transformée, et les Anglais et les Américains s'en inspirant donnèrent à leur motos cette silhouette et leurs Revues Sportives habilement aiguillées sur les association sportives française, embarrassaient leur choix les quelques amateur venus au motocyclisme. 

                La lutte commerciale commençait en France. Les fabricants d'accessoires, persuadés que la motocyclette était une utopie, n'aidèrent en rien René Gillet qui, pour tenir en échec la concurrence anglaise, dut acheter certains éléments en Angleterre.       

La suite ici : Histoire de l'entreprise René Gillet

               

                         À ce jour, avec les documents en notre possession, nous ne pouvons confirmer à quelle date René Gillet a fabriqué sa première motocyclette, ni comment il la baptisa.

En effet le mot "motocyclette" fut inventé et déposé comme marque de fabrique par les parisiens Michel et Eugène Werner le 8 avril 1898 pour désigner des bicyclettes et des motocycles automobiles, et leurs accessoires. Victime de son succès, la marque Motocyclette devint une antonomase, les frères Werner furent simplement déchus de leur marque Motocyclette qui était devenue la dénomination usuelle et conformément au code de la propriété industrielle (aujourd'hui art. L714-6), elle fut lexicalisée en 1903 en un nom commun féminin.

Aucune trace de sa création en 1895, ni du voyage qu'il aurait fait avec celle-ci en 1898 de Malakoff à Epernay. Etonnant qu'à cette époque où peu de véhicules à moteur circulaient, il n'y ait pas eu d'articles dans la presse. Nous ne pouvons donc pas confirmer ce que René Gillet évoquait dans toutes ses publicités: qu'elle soit "la doyenne des marques françaises".

Nous pouvons, par contre, affirmer que René Gillet était présent au salon automobile et du cycle d'octobre 1903, date de cette publicité (ici). Il y présente deux modèles, un premier de 1cv 1/2 et un autre de 2 cv 1/2. Ces deux motos vont être homologuées l'année suivante.

Contrairement aux attentes, ce ne fut pas la petite à moteur incliné vers l'arrière de 20° de 182,26cm3 donnant 1cv 1/2 qui eut les faveurs des clients-agents aussi René Gillet fut-il contraint de faire homologuer en priorité pour répondre aux commandes, la seconde à moteur avec cylindre vertical de 218,75cm3 donnant 2 cv1/2 comme type A avec cadre n° 25.

Comme le confirme cette photo prise devant chez Chaffal & Gillet, en 1903 donc, René Gillet était l'associé de Louis, Antoine, Marie Chaffal, fabricant de matériel photographique et électricien.

Sur celle-ci on peut y voir la première René Gillet de série à moteur incliné qui ne convainquit pas immédiatement les clients mais qui devint le type B et fut homologuée que le 16 juin 1904. Ce jour là, l'ingénieur des mines constata que le cadre de ce type B portait le n° 4 ce qui tendrait à confirmer le début de la genèse de l'aventure industrielle de René Gillet à moins qu'il ne fut que le 4e type construit de la série.

On reconnaît en bleu de travail ,M. Gillet penché derrière sa création et M. Begen, le mécanicien-modeleur, le docteur M.Tanon et, vraisemblablement, M. Chaffal à droite

Le tricycle de Dion-Bouton est celui du  docteur Tanon venu découvrir chez Chaffal & Gillet cette première motocyclette René Gillet de 1cv 1/2 afin d'envisager la possibilité d'investir et de prendre un risque financier.

RG typeA 1904

La commercialisation de ces modèles n'a peut être pas rencontré le succès escompté. M. Chaffal n'est plus associé. René Gillet et Louis Tanon, né le 17 septembre 1876 docteur en médecine demeurant au 2 rue Daton à Paris, s'associent en 1906 pour créer la société René Gillet et cie. Le siège social se trouve à Paris au 10 Villa Collet rue Didot.

  • Naissance Tanon

Acte de naissance de Louis Tanon. Courtoisie Didier Mahistre

Louis Tanon accorde alors une grande confiance à son associé et lui apporte la coquette somme de 150 000 F en espèces, soit 100 fois le salaire annuel d'un mécanicien qui est alors de 1500 à 1800 F, alors que René Gillet n'a pu réunir que 8 000F. Louis Tanon n'est que commanditaire et laisse la gérance de leur association, la direction de l'entreprise et la signature sociale à René Gillet et lui permet en outre de prendre toutes les décisions. Cette indéfectible confiance en René Gillet ne le quittera pas dans cette aventure humaine et industrielle puisqu'il restera son commanditaire et associé jusqu'au 6 mars 1944, date où il se retira des affaires.

La société est déposée le 01 septembre 1906, en commandite simple.

Le 19 octobre 1906, René Gillet dépose sa marque éponyme qui fut enregistrée sous le n° 92235.

Depot de societe

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